Jean-Baptiste Lully

Jean-Baptiste Lully

Jean-Baptiste Lully (Giovanni Battista Lulli) naît à Florence en 1632 dans un milieu modeste qui ne lui permettra de recevoir qu’une éducation rudimentaire. Il n’en apprend pas moins à jouer de la guitare et du violon, et se voit en outre initié à la commedia dell’arte. Le chevalier de Guise, chargé par sa nièce mademoiselle de Montpensier de lui ramener un page italien, convainc le jeune Giovanni, alors âgé de treize ans, de le suivre en France. Le garçon y continuera à se perfectionner dans l’art du violon, de la composition et de la danse.

Après l’échec de la Fronde, dont elle a été une des dirigeantes, la duchesse de Montpensier est exilée dans son château de Saint-Fargeau en 1652. Lulli quitte son service et regagne Paris. Il danse pour la première fois à la cour en février 1653, dans Le Ballet de la Nuit d’Isaac Benserade, auquel prend part également le jeune Louis XIV. Depuis son accession au pouvoir, Mazarin promeut les artistes italiens et Lulli a pu bénéficier de son soutien. Il entre la même année au service de Louis XIV, d’une part en tant que membre des Violons du Roi, d’autre part en tant que compositeur de ballets de cour. Insatisfait du niveau des violonistes du roi, il se voit confier la direction d’un nouvel ensemble, Les Petits violons.

Naturalisé en 1661 et nommé compositeur de la chambre du Roi, il revisite ses origines, devenant « Monsieur de Lully », fils de gentilhomme florentin. L’année suivante, il épouse la fille du compositeur Michel Lambert, dont naîtront dix enfants. Lully aura par ailleurs de nombreuses maîtresses, ce qui ne l’empêchera pas, au faîte de sa carrière, de nouer une relation pédérastique avec le jeune Brunet, Page de la Chapelle. Découverte en 1685, cette liaison fera scandale et sera une des causes de la disgrâce de Lully auprès du roi.

De 1664 à 1670, Lully et Molière collaborent à la création de comédies-ballets, sans que le premier abandonne complètement le genre des ballets de cour.

Alors que l’opéra français a tout juste commencé à voir le jour, Lully saisit l’opportunité inespérée que lui offre en 1672 la faillite de Perrin et Cambert : il leur achète le privilège de L’Académie royale de musique, obtenant ainsi le monopole de la création lyrique dans tout le royaume. Il fait également limiter le nombre de musiciens autorisés à se produire avec les autres troupes parisiennes. Molière, dont la brouille avec Lully remonte à 1671, sera le premier à en souffrir.

Au cours des années suivantes, Lully donne naissance à un nouveau style d’opéra, inspiré par les divertissements de la cour et le théâtre classique, qui se démarque délibérément du style italien. De 1673 à 1686, il compose ainsi treize tragédies lyriques.

Lully, devenu en 1681 le « secrétaire du Roi », signe désormais « Monsieur de Lully, escuyer, conseiller, Secrétaire du Roy, Maison, Couronne de France & de ses Finances, & Sur-Intendant de la Musique de sa Majesté. »

Il meurt le 22 mars 1687 des suites d’une gangrène résultant d’un coup de canne dans le pied. Néanmoins, les conditions dans lesquelles Lully se serait blessé de la sorte demeurent obscures, car Lully ne dirigeait qu’à l’aide de partitions roulées tenues à la main. La canne n’était normalement utilisée que pour battre la mesure à l’intention des danseurs.

Lully a marqué l’histoire de la musique bien au-delà des frontières françaises, ainsi qu’en témoigne l’influence de sa musique chez maints compositeurs : Purcell, Muffat, Keiser, Erlebach et jusqu’à Vivaldi, Telemann ou Johann Sebastian Bach.

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